L’astrologie est un art. L’astrologue est un
herméneute, un interprétateur de l’événement le plus fabuleux qu’il puisse se dérouler sur cette planète : la venue d’une nouvelle vie. Si l’astrologie repose sur des bases
scientifiques (le calcul du mouvement des planètes), elle n’est toutefois pas une science.
Il appartient à l’astrologue de faire preuve d’une grande humilité dans son interprétation et de toujours garder à l’esprit l’un des buts de l’astrologie :
faire naître un questionnement intérieur chez le consultant, petite graine qui pourra éventuellement pousser et donner de beaux fruits. Le travail de l’astrologue n’est pas de planter la
graine mais de faire remarquer au consultant qu’il la possède, de lui faire prendre consciences des richesses qui sont en lui.
Dans les temps anciens, la religion condamna l’astrologie tant à Rome qu’à Byzance, sous prétexte qu’elle était déterministe et mécaniste. Dans cette optique,
l’Eglise eut raison de se méfier de cette interprétation de l’art de la lecture des astres car nous sommes fondamentalement des êtres libres évoluant dans un Univers assurément changeant,
organique et vivant.
Aussi, outre une lumière éclairant un tant soit peu notre chemin de vie, à la façon d’une torche portée sur une route sombre, l’une des fonctions de l’art astrologique est l’émerveillement.
L’émerveillement de se plonger dans le fonctionnement symbolique de la grande roue céleste, l’émerveillement de parler le langage des étoiles, l’émerveillement de
prendre conscience du potentiel de l’être humain, l’émerveillement de sentir l’Univers s’éveiller, de sentir qu’il est concerné par la vie qui l’habite, de sentir qu’il y a autre chose que ce que
nos 5 sens nous suggère, l’émerveillement qui nous saisit à chaque fois qu’on approche le Mystère.
En ce monde désenchanté, où le cynisme règne en maître, où la religion peine à sortir de son approche rationnelle légaliste, où le matérialisme consumériste impose
sa loi la plus froide, où l’intériorité se fait rare, l’astrologie bien vécue apporte un souffle d’air frais et lumineux loin des horoscopes, des pratiques «spirituelles fast-food », du
confusionnisme absurde, du new age débilitant et du fanatisme glauque…
L’astrologie nous apprend que les astres dans le ciel étoilé ne sont pas des déités capricieuses réglant le destin des hommes comme du papier musique mais au
contraire un langage, la parole du Vivant, le chant de l’Univers.
L’émerveillement n’est pas une idée lénifiante et niaise, l’émerveillement n’est pas la sensiblerie, l’émerveillement est la force subversive par excellence. Car l’émerveillement est la clé de la vie intérieur, elle-même clé du bonheur. Sans vie intérieure, nous ne sommes que des êtres instinctuels, perdus dans la banalité du quotidien, emportés par le torrent de la société et de la vie. Réciproquement, en prenant conscience de notre vie intérieure, de notre reliance au Tout, de notre rôle dans le monde, on prend conscience du merveilleux des choses, la vie prend sens et le sens conduit immanquablement vers une existence plus intense…